J'ai participé hier à midi au traditionnel repas pris dans les salons de l'hôtel de Ville au milieux de quelques centaines de nos
concitoyens les plus défavorisés. Il y avait là des sdf ou des gens vivant en foyer et aussi des gens vivant à leur domicile mais en situation de grande pauvreté matérielle ou de grande souffrance
morale et le plus souvent les deux à la fois.
Je n'ai pas vraiment l'habitude de côtoyer ces publics et je ne sais pas si pour eux cet éphémère accès à la considération ,à la nourriture de qualité et à l'esprit de "fête"leur apporte quelque
chose de durable .Ce que je sais en revanche c'est ce que j'ai resenti et ce que cela a eu d'effet pour moi.
Au delà de la compassion naturelle que tout être humain doit avoir dans ces circonstances j'ai perçu dans le regard de la majorité de ces hommes et de ces femmes : la souffrance de la
solitude,celle liée à la maladie ou à la dépendance vis à vis de l'alcool du tabac ou de la drogue.J'ai senti qu'au fond d'eux-mêmes ils se savaient durablement affectés par leurs problèmes et j'ai
trouvé que face à ça ils étaient résignés.
Comment peut on en arriver la? La réponse est multiple: les accidents de la vie sont si nombreux , les carences affectives des le plus jeune âge sont destructrices et les égoïsmes de ceux qui ont
la chance d'aller bien sont inacceptables.
La solidarité et la prise en charge par nos services sociaux sont utiles et je tiens à le faire remarquer à Bordeaux comme dans bien d'autres lieux en France.
Un toit ,du travail et une rémunération décente de ce travail n'empêcheront jamais les accidents de la vie mais doivent éviter que trop d'individus restent sur le" bord du chemin" et viennent
grossir le nombre des pauvres dans nos sociétés modernes et prétendument démocratiques.
Je sais que la bonne volonté ne suffit pas ,mais en ce qui me concerne mon regard sur la misère ne sera plus jamais le même . Dans mon quotidien ,tant professionnel qu'associatif et politique
,j'aborderai sans doute mes actions sous un angle diffèrent .